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Pierre Germain

De la décharge à la C1, Osimhen revient sur son parcours difficile


Né à Lagos, au Nigéria, Victor Osimhen a grandi à Olusosun, une des plus grandes décharges du monde.

Sorti de la misère grâce au football, l’attaquant connait des débuts tonitruants dans le championnat de France depuis son arrivée en provenance de Charleroi.

Le buteur du Losc est revenu sur sa progression fulgurante et a évoqué ses objectifs dans une interview donnée à l’Équipe. Extraits.


À propos de son enfance : C’était vraiment dur. Ma mère et mon père assumaient tout. On était trois garçons et quatre filles, on vivait tous dans une pièce. Mes parents avaient du mal à payer le loyer et le reste. J’étais le petit dernier, ils m’ont tous aidé. Quand ma mère est morte, j’avais 6 ans. Mon père a perdu son boulot juste derrière.

C’était la fin du monde pour nous. Là d’où je viens, c’est difficile de croire en l’avenir, le quotidien est si mauvais. Personne ne peut t’aider car les gens n’ont rien. On était tous dans la survie. La seule solution, ce sont les petits boulots. À 6 ou 7 ans, il faut y aller. Alors oui, aujourd’hui, je suis content d’être là.

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Sur la chance d’être footballeur professionnel : Jouer dans l’un des plus grands clubs français, disputer la Ligue des champions, j’en rêvais sans jamais penser que ça arriverait. Aujourd’hui, c’est ma vie et je dois être dans le présent. Je dois aller le plus loin possible. Pendant longtemps, le foot ne m’a rien donné, pas un sou, pas un morceau à manger. Et puis un jour c’est arrivé. J’ai fait tellement de petits boulots à Lagos.

À propos de l’argent gagné grâce au foot : Quand j’ai signé à Wolsfburg, je ne me suis rien acheté pour moi avec ma prime, j’ai tout de suite acheté une maison à Lagos pour mon père. J’ai donné de l’argent à mes frères et soeurs et, aujourd’hui, tout le monde est O.-K. dans son business. Ça me rend heureux de savoir qu’ils mangent à leur faim. Ils m’ont toujours aidé, c’est normal que je veuille changer leur vie. Aujourd’hui, ma vie est presque parfaite.

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Sur ses débuts au Losc :  J’avais confiance en moi et les expériences à Wolsfburg et à Charleroi m’ont aidé. Le plus important était de jouer vite. Il faut s’intégrer à l’équipe et au style, mais si tu es titulaire tout de suite et si tes partenaires te trouvent, ça peut aller vite.

Concernant la suite de sa carrière : J’ai toujours été prêt à franchir les étapes mais je suis bien à Lille. J’adore les gens. Si des gros clubs me regardent, c’est top pour moi, mais c’est le club qui décidera si je reste ou si je pars. Je ne ferai aucune objection.

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Ses objectifs personnels cette saison : Si je reste sur ce rythme, je finirai haut. Mais il y a Mbappé, Cavani, Icardi, Neymar, Depay, Dembélé et les autres. Quand je connaîtrai mieux mes partenaires et qu’on aura accumulé du temps de jeu ensemble, je marquerai plus. Quinze, ce n’est pas assez. Quand tu arrives autour de vingt, vingt-cinq, c’est bien. En Belgique, j’avais marqué au moins vingt-et-un buts, donc quinze, non. Je veux battre mon record.

Sur son poste de prédilection : Je peux jouer seul devant, je l’ai fait toute la saison à Charleroi, mais je n’ai pas fait que des bons matches. Je suis plus régulier et plus efficace à deux attaquants, je m’entends bien avec Loïc et je suis meilleur avec lui. Mais cela peut être Ikoné, Bamba ou Yusuf aussi.

À propos de la remontada du Barça face au PSG : À l’époque, je jouais à Wolfsburg. On avait regardé le match retour chez « Joss » (Guilavogui), il avait demandé un pronostic à chacun. Un peu pour déconner, j’avais dit aux gars : « Vous verrez, Barcelone va marquer six buts« . Quand Sergio Roberto a marqué le sixième, les gars m’ont regardé et m’ont dit : « Mais t’es un fou toi. »